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LUXATION DE L'ÉPAULE

1) Qu’est qu’une luxation récidivante de l’épaule ?

L’épaule est une articulation située entre la tête de l’humérus et une cavité sur l’omoplate, appelée glène. La glène est entourée d'un bourrelet composé de fibro-cartilage (le labrum) qui agrandit la surface de contact entre elle et l’humérus.

L’ensemble de l’articulation est entouré par une poche (la capsule et les ligaments).

Une luxation correspond au « déboîtement » de l’articulation (lorsque le déboîtement est partiel on parle de subluxation). Dans 95 % des cas, la luxation se fait vers l’avant, (luxation antéro-interne).

L’épaule pour des raisons anatomiques est l’articulation du corps qui se luxe le plus facilement car il n’y a pas de stabilité osseuse entre une tête humérale qui est sphérique et la glène de l’omoplate qui est plane.

La première luxation survient lors d’un accident plutôt violent (sports, moto, …), soit par choc direct vers l’avant, soit par un mécanisme forcé du bras en haut et en arrière. Une tierce personne doit alors réduire l’épaule en tirant dessus (manœuvres externes). En se déboîtant, la tête arrache le bourrelet vers l’avant et détache la capsule habituellement fixée sur l’os. Une fracture de l'omoplate (glène) ou une fracture de la tête humérale peuvent également survenir.

 

L’absence fréquente de cicatrisation de ces lésions favorise alors les récidives.

          On parle d’instabilité à partir de 3 épisodes de luxation ou de subluxation.

Le traumatisme est de moins en moins important au fil des récidives avec même parfois la survenue de luxation au cours du sommeil.

2) Quels sont les signes de cette instabilité de l’épaule ?

L’interrogatoire recherche et analyse les épisodes de luxations et de subluxations. L’instabilité ne correspond pas toujours à des luxations récidivantes mais parfois à des subluxations douloureuses ; on parle alors « d’épaule instable et douloureuse ».

 

3) Quels sont les examens complémentaires nécessaires ?

La radiographie est l’examen de base, en sachant que normale, elle n’élimine pas le diagnostic. On y voit parfois les traces des anciennes luxations : cicatrices de fractures de l'omoplate (la glène) ou de la tête humérale. De tels signes associés à un examen clinique évocateur suffisent à porter le diagnostic. Une radiographie de l’épaule luxée lors d’un accident est très utile pour confirmer le diagnostic.

L’arthroscanner : l’avantage de cet examen est de mettre en évidence la poche de décollement antérieure capsulo-ligamentaire et/ou la lésion du bourrelet. Ces lésions permettent à la tête de l’humérus de basculer vers l’avant lors des accidents d’instabilité. Enfin, l’arthroscanner est utile pour éliminer une rupture de coiffe après 40 ans.

4) Quel est le traitement possible ?

Le traitement de l’instabilité est chirurgical. L’intervention se déroule lors de 1 à 3 jours d’hospitalisation en fonction des techniques :

 

- La technique de la butée : le principe est de visser une butée osseuse prélevée sur une partie de l’omoplate appelée coracoïde. Cette butée empêche alors la luxation par effet butoir.

- L’arthroscopie : elle permet depuis quelques années de traiter l’instabilité en réalisant une intervention de Bankart (Réinsertion de la capsule et du bourrelet sur la glène).

Les butées seront plutôt réservées aux patients jeunes, sportifs ayant de nombreux et vrais épisodes de luxations et ce d’autant plus qu’il existe une fracture de la glène ou de l’humérus. L’intervention de Bankart sous arthroscopie est réservée plutôt aux épaules instables et douloureuses, chez des patients peu sportifs, de sexe féminin (cicatrices minimes).

5) Quelles sont les suites opératoires ?

Les pansements sont faits tous les 3 jours pendant 15 jours. Le bras est immobilisé dans une écharpe en position « coude au corps » pour 3 semaines.

Une rééducation douce est débutée d’emblée.

Les sports à risques sont repris vers le 4ème mois.

6) Quelles sont les complications possibles ?

 

Les complications spécifiques :

- La récidive : le taux de récidives varie entre 2 et 4 % en fonction des études pour la butée. Le taux est légèrement supérieur pour l’intervention de Bankart sous arthroscopie (6 à 8%).

- La raideur : la rotation externe peut être réduite d’une dizaine de degrés, la rééducation est alors très utile.

 

Les complications non spécifiques :

- l’infection post opératoire. Une réintervention est toujours possible. Les infections après arthroscopie sont rarissimes.

- Un hématome est possible.

- Une capsulite rétractile ou « épaule gelée » est très rare mais possible. Il s’agit d’une raideur d’épaule qui peut durer sur plusieurs mois.