Nous suivre
  • Facebook Social Icon
  • Google+ Social Icon
Adresse

3 / 5 Rue Antonin Coronat

05000 Gap

T :                         

Mail :                                          

 

Nous trouver

© 2015 COSMA. 

L'ARTHROSE DE L'ÉPAULE

1) Qu’est ce que l’arthrose de l’épaule ?

Il s’agit d’une usure prématurée et anormale du cartilage qui recouvre les surfaces articulaires de la tête de l’humérus et de la glène (partie de l’omoplate qui s’articule avec l’humérus).

Le cartilage ayant disparu, les os frottent directement entre eux entrainant douleurs et craquements.

L'arthrose de l'épaule est appelée omarthrose.

On distingue deux formes d’arthrose selon leur origine :

  • l’arthrose primitive lorsqu’il s’agit d’une maladie initiale du cartilage.

  • l’arthrose secondaire quand l’usure du cartilage est provoquée par une autre cause, telle que la rupture de la coiffe des rotateurs, les fractures, la polyarthrite rhumatoïde, …

2) Quelles sont les symptômes ?

L’arthrose de l’épaule se traduit par des douleurs ainsi que par une perte de fonction.

La douleur est d’intensité très variable. Il y a des douleurs mécaniques, survenant dans la journée lors des activités, et des douleurs inflammatoires, survenant plutôt en fin de journée et la nuit.

La perte de fonction est due à la diminution du glissement entre les surfaces articulaires ; elle s’accompagne de craquements et de blocages (fréquemment lors de la coiffure et de la toilette) puis d’une raideur articulaire.

L’évolution de l’arthrose se fait très progressivement, ce qui explique une dégradation lente, qui ne gêne les patients que lorsque la fonction est déjà très limitée.

3) Quels sont les examens à passer ?

Les examens à passer sont la radiographie, puis un arthroscanner (ou une IRM).

- La radiographie montre une diminution de l’interligne articulaire (espace entre la tête de l’humérus et de la glène de l’omoplate) et des ostéophytes (« becs de perroquet »).

- L’arthroscanner ou l’IRM montre la qualité des muscles et est nécessaire en cas d’intervention chirurgicale.

4) Quel traitement médical proposer ?

Il sert à diminuer les douleurs par l’utilisation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires.

 

Les infiltrations de corticoïdes ou de produits de visco-supplémentation, peuvent être réalisées aux premiers stades de la maladie. Leur efficacité est néanmoins variable en intensité et dans le temps.

 

La rééducation doit se faire sans douleur. Son but est d’entretenir les amplitudes articulaires et donc de limiter l’ankylose progressive de l’articulation. Les exercices d’auto-rééducation, bien réalisés et faits régulièrement, permettent de maintenir une fonction et de retarder l’aggravation de la maladie.

Par ailleurs, la rééducation prépare les patients à une intervention chirurgicale, en évitant une fonte musculaire qui serait plus difficile à récupérer en post-opératoire.

5) Quel est le traitement chirurgical ?

Le traitement chirurgical de l’arthrose repose sur deux types d’intervention :

 

  • Les interventions sous arthroscopie (sous vidéo) qui retardent la mise en place d’une prothèse (arthroscopie visant à enlever les tissus inflammatoires, à couper le tendon du biceps richement innervé). Les résultats à moyen terme sont mauvais.

 

  • Les interventions de remplacement des surfaces articulaires : les prothèses. Il en existe deux types, utilisés en fonction de l’état du tendon du sus-épineux :

 

- prothèse anatomique : le tendon du sus-épineux doit être en bon état. Cette prothèse permet de remplacer les surfaces articulaires usées sans modifier la mécanique de l’épaule (la tête humérale et la glène). Il sera mis en place 2 implants ; on parle alors de prothèse totale anatomique.

- prothèse dite inversée : indiquée lorsque le tendon du sus-épineux est rompu (rupture de coiffe).

Dans ce cas difficile, il faut résoudre deux problèmes à la fois. Celui de l’arthrose et celui de la rupture de la coiffe des rotateurs. Or, il n’est pratiquement jamais possible de réparer la coiffe, les lésions tendineuses étant beaucoup trop sévères et anciennes. Il faut donc contourner le problème. On utilise alors une prothèse totale dite inversée qui permet au muscle deltoïde de suppléer l’absence des tendons de la coiffe des rotateurs et de récupérer une certaine mobilité (mettre la main sur la tête). Cette prothèse ne permettra pas une bonne récupération de la force.

6) Quels sont les résultats des prothèses d’épaule ?

Les prothèses d’épaule permettent de soulager les douleurs et de redonner une fonction acceptable autorisant la reprise d’activités de la vie quotidienne (habillage, toilette, cuisine, ménage, conduite, bricolage, jardinage, et même certains sports sans contrainte excessive tels que le vélo ou la natation). Cette récupération peut toutefois être limitée par les raideurs initiales, ainsi que par la qualité des tendons et des muscles.

Les patients sont satisfaits du résultat dans 80 à 85% des cas.

La douleur disparait ou est largement atténuée dans 90% des cas.

7) Quelles peuvent les complications éventuelles des prothèses d’épaule ?

Les principales complications observées avec les prothèses inversées et anatomiques sont :

  • les infections (5,1 %).

  • les luxations (3,6 %).

  • des rares douleurs persistantes.

  • des rares lésions nerveuses souvent transitoires.

 

8) Quelle est la durée de vie d’une prothèse d’épaule ?

Les prothèses d’épaule ont en moyenne une durée de vie de 15 à 20 ans (descellement et usure osseuse, lésion musculaire secondaire).

D’où l’intérêt de ne pas poser de prothèse trop tôt car les reprises sont possibles mais toujours difficiles.

Dans de bonnes conditions de réalisation, le taux de survie d’une prothèse totale anatomique est 90% à 10 ans et de 85% à 15 ans. Il est de 80% à 15 ans pour les prothèses inversées.

9) Quelles sont les suites opératoires ?

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, avec une anesthésie locale de l’épaule associée pour limiter les douleurs post-opératoires. Elle dure environ 1h30. La mise en place de la prothèse est réalisée avec une cicatrice devant l’épaule d’environ 10 cm.

La durée d’hospitalisation habituelle est de 2 jours.

Une attelle « bras au corps » est ensuite gardée 3 semaines, mais elle pourra être enlevée pour les petits gestes de la vie quotidienne pour lesquels il n’est pas nécessaire de trop lever le bras (manger, écrire, utiliser un ordinateur,  …).

 

La rééducation commence le lendemain de l’intervention et sera poursuivie pendant 6 à 8 mois.

Au début, il s’agit de mobilisations et de massages par le kinésithérapeute, pour retrouver toute la mobilité passive de l’épaule (le patient se laisse faire !). Puis, à partir de la troisième semaine, débute le travail en actif aidé (le patient participe !), pour récupérer progressivement la fonction musculaire.

Il faut compter 6 semaines pour retrouver toute la mobilité passive, 3 mois pour les fonctions quotidiennes et la conduite, 5 mois pour retrouver un usage normal du membre et jusqu'à un an pour la force.

Le centre de rééducation n’est pas obligatoire, mais si vous êtes une personne seule ou si vous vivez avec une personne dépendante, il est préférable d’y avoir recours durant les 6 premières semaines pour s’autonomiser et se faciliter la vie.